Article paru dans la presse en 1998

Les Brestois ont le chant choral à coeur.

L’insatiable exigence de Jean-Claude QUERO

Fondateur de la Chorale Mouez Ar Mor en 1972, puis de Choréa D’Ys en 1988, Jean-Claude Quéro a créé en 1996 l’Ensemble Vocal Cantoria qu’il dirige toujours aujourd’hui.

    A la  la direction de l’Ensemble Vocal Cantoria, Jean-Claude Quéro a participé en septembre 1998 à la création de l’Opérette Imaginaire au Quartz. Une expérience de plus pour un chef de choeur dont l’exigence et le savoir-faire ont valu à Brest de belles heures de chant choral.

     Mouez Ar Mor, Choréa D’Ys et aujourd’hui Cantoria. Ces trois noms ne suffisent pas à résumer l’activité que déploie Jean-Claude Quéro depuis les années 1970, mais ils en délimitent les grandes lignes.

Entre passion du chant choral et pédagogie

     Et quand il ne tient pas la baguette devant ses choristes, l’homme parle de Musique au lycée de la Croix-Rouge et à l’IUFM. Il anime aussi sous l’égide du Centre d’Art Polyphonique de Bretagne une formation de chef de choeur.

Ses compétences sont appréciées et son tempérament bien connu. Jean-Claude Quéro n’aime ni la routine ni le poids naturel de la structure associative qui régit le fonctionnement des choeurs amateurs de la région. La raison est simple :

« Il peut parfois être délicat de réunir sous la baguette du chef de choeur le choriste et l’adhérent ». Cette nuance s’affirme avec plus d’acuité quand un projet, au bout de neuf mois de travail, ne débouche que sur deux ou trois concerts.

« Il m’est arrivé une seule fois de n’en donner qu’un seul pour des raisons financières. Imaginez la frustration des interprètes. »

     Sensible à cette évidence, Jean-Claude Quéro veut faire vibrer ceux qui s’aventurent dans son sillage sur une autre corde. Son bonheur premier passe par « le bonheur et la chance que nous avons d’entrer dans la Musique par l’intérieur en la pratiquant ».

     C’est la clé qu’il agite avec passion avant d’aborder un nouveau répertoire. Cela convainc, mais la plupart des choristes amateurs, dont la disponibilité n’est pas extensible, se laissent volontiers tenter à confirmer leur aisance dans les partitions déjà déchiffrées.

Des expériences chorales multiples

     A chaque fois qu’une expérience le conduit dans une impasse, Jean-Claude Quéro rebondit dans une nouvelle expérience avec une exigence technique accrue. A chaque fois aussi il laisse derrière lui d’excellents moments.

A Mouez Ar Mor, où l’effectif était grimpé à 140 voix, ce fut l’interprétation du Canto General de Théodorakis, chanté jusqu’à Nantes et Rennes. Choréa D’Ys a donné le Requiem de Fauré  105 ans après sa création et les Chichester Psalms de Bernstein pour le 50ème anniversaire de la Libération de Brest.

     Sur ce terrrain de l’exigence, Jean-Claude Quéro, pédagogue infatigable, entend persévérer. Il s’appuie constamment sur la technique vocale pour secourir la justesse, l’interprétation et le style.

Un enthousiasme nécessaire pour progresser au plan vocal

Mais elle n’est pas suffisante , juge cet observateur des choeurs. « Les chanteurs amateurs n’ont pas toujours les moyens de l’atteindre. C’est sur leur enthousiasme et leur travail qu’il devient possible de monter des répertoires qu’on pouvait juger inaccessible au regard de leur seule technique vocale. »

     Lui-même se sent perfectible. La dernière leçon?  Il l’a prise à fréquenter pendant un mois les comédiens de l’Opérette Imaginaire. « Ils arrivent à chanter plus que convenablement. En fait, ils font oublier leurs carences techniques par le jeu. Un domaine où nous, choristes, pêchons. Nos seuls efforts de mise en scène concernent les entrées et les sorties, plus la présentation du choeur », avoue Jean-Claude Quéro modeste.

 

 

 

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